Etat des connaissances

Fréquence

Entre 5% et 12% des naissances surviennent avant le terme normal de la grossesse dans les pays industrialisés. En France, elles sont 60 000 chaque année, dont 10 000 (1,2%) avant 32 semaines d’aménorrhée et leur nombre a régulièrement augmenté. Un bébé sur 5 né avant terme est un grand prématuré.

Depuis l'an 2000, la France connaît une reprise de la natalité : 775 000 naissances en 2000, 778 000 en 2001, pour atteindre plus de 807 000 naissances en 2008, soit une hausse du taux de natalité de plus de 9%. Sur la même période, le nombre d’enfants nés de grossesses multiples est passé d'environ 21 000 en 1996-1997 à 33 000 en 2001 : ils représentent ainsi plus de 4% des naissances. Ces deux facteurs - augmentation des naissances et augmentation des grossesses multiples - entraînent un accroissement important du nombre de naissances prématurées.
 
Quelles sont les causes de la prématurité ?

Il existe deux types de prématurité, la prématurité induite et la prématurité spontanée.

La prématurité induite ou iatrogène est « provoquée » par les médecins qui, en présence de facteurs engageant la survie de la mère ou de l’enfant, décident d’arrêter la grossesse en déclenchant l’accouchement ou en pratiquant une césarienne. Par exemple, la vie de la mère peut être en danger dans le cas d’une pré-éclampsie (hypertension de la grossesse liée au placenta). La vie du fœtus peut être en danger en cas d’arrêt ou de ralentissement de la croissance intra-utérine.

Lors d'une prématurité dite spontanée, le travail débute avant le terme de la grossesse. On ne connaît pas toujours les raisons à l’origine de ce travail avant terme, mais elles peuvent être liées à un environnement infectieux. La rupture prématurée des membranes (poche des eaux) est également à l’origine de la prématurité spontanée.

En moyenne, 60% des accouchements prématurés sont d’origine spontanée, et 40% induits par les médecins. Les causes et maladies responsables de ces deux grands groupes de prématurité sont très différentes. Les causes de la prématurité sont encore mal connues notamment parce qu’elles sont multiples et sont probablement la résultante de complications maternelles ou fœtales et d’anomalies placentaires.

Les données collectées dans l’étude Epipage 2 permettront d’établir avec précision le rôle respectif de ces différentes causes afin de mieux définir et caractériser la prématurité.
 

Quelles sont les conséquences de la prématurité ?

A court terme

La mortalité néonatale (décès d’enfants dans le premier mois) concerne plus de 10% des enfants grands prématurés (<32 semaines), 2-3% des prématurés modérés (32-33 semaines) et 0,5-1% des enfants nés à 34-36 semaines contre moins de 2 enfants pour 1 000 nés à terme.

A plus long terme

Le handicap moteur et la déficience intellectuelle sont les risques qui ont été les plus décrits. Comme le montre le tableau ci-dessous, plus la prématurité est sévère, plus le risque est élevé.

 Handicap moteurDéficience intellectuelle
Grande prématurité (<32 semaines) 10% 15%
Prématurité modérée (32-33 semaines) 4% 10%
Prématurité tardive (34-36 semaines) 0,5% 5%

 

Des changements dans la prise en charge des femmes enceintes et des enfants se sont produits ces 15 dernières années. Ces changements ont pu avoir un impact sur la santé et le développement des enfants. Il est essentiel de les mesurer avec précision. L’étude Epipage 2 permettra de mieux connaître le pronostic de la prématurité en étudiant l’état de santé global de ces enfants (croissance, métabolisme, allergies, maladies respiratoires) et son développement, y compris les troubles psychiatriques, les troubles des apprentissages, les handicaps graves et la qualité de vie.

 

 

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